J'ai hier eu la chance de recevoir en consultation un homme lettré, prof universitaire de littérature espagnole (15 et 16°)... bigredouille, imaginez l'intérieur du cerveau de cet homme de la soixantaine. Un véritable trésor. Hélas, nous voilà parti à disserter, lui homme de gauche, moi libéral intellectuellement anar. Ouais, voyez l'affur.
Pourtant, ce véritable intello m'a étonné. Je ne suis après tout qu'un artisan, un manuel, et ma tête me sert avant tout à ouvrir les portes. J'ai mes archaïsmes, mes facilités de pensée, mes raccourcis du raisonnement.. bien sûr.
Les siens de raccourcis, d'idées bancales, de foireux échafaudages, étaient somme toute bien courants en ce pays, assez représentatifs. Un concept de base, fondement de la pensée sous nos latitudes : l'antiaméricanisme. Attention, je dois me barrer au Texas et donc aux Usa pour la première fois de ma longue vie prochainement. Je ne suis pas le spécialiste. Malgré tout, sans même prendre parti, je souligne certains pitoyables reproches faits à ce pays. J'ai comme cela des amis avec qui la discussion se termine toujours par « c'est la faute des américains ». allez hop, toutes périodes confondues, toutes administrations, toutes situations inextricables... pas de problème.
Le terrorisme islamiste ? la faute aux américains... désolé pour les égyptiens assassinés, les algériennes éventrées, les afghans égorgés... ben ladin : faute aux Usa... L'Urrs en Afghanistan ? Aucun rapport. Sadam et ses victimes : il était poteau avec les américains. L'environnement : la faute à qui vous savez... La mal bouffe, l'obésité, le glandouillage télé canapé : .....
Sans même aborder l'ineptie de tels propos, entendre des personnes intelligentes, lettrées, réciter ce catéchisme, me surprend toujours.
Je me pose la question : quel est mon catéchisme ? Où la raison fait elle défaut, quand suis je malhonnête, menteur, dans l'a priori Qui sont mes américains ? Quand refusai-je d'utiliser mon cerveau pour plutôt vomir quelque accablante litanie ??????
Jamais, non, jamais. J'ai beau y réfléchir...