Des matins, comme ça...
A deux cents mètres de la clinique, des lycéens bloquent tout. Le rite initiatique : de toutes façons, la plupart d'entre eux seront chômeurs ou médiocres grévistes français dans quelques années. Il faut bien qu'ils s'entraînent. Un gars arrive avec sa bmw, fonce dans le tas et passe. J'ai peur que ce genre de comportement se multiplie à l'avenir. Il faut en retenir que toute activité humaine est risquée...
Je change donc de direction, la secrétaire m'appelle, j'ai le malheur de répondre : un gros con de lardu me hèle, m'en colle pour 22 euros et deux points. Je lui explique que je suis chirurgien de garde. C'est pas son problème.
Je lui dis donc gentiment que je souhaite qu'on le fasse un jour poirauter avec son hémorragie ou sa colique néphrétique, et que je ne manquerai pas de la rater s'il vient à la clinique. Qui est mieux que moi placé pour le crime parfait ?
Bon, tout cela soulage mais n'avance à rien.
J'arrive en retard à la clinique, où un brave gars de 49 ans et son épouse m'attendent. Je dois me concentrer, me ressaisir pour annoncer dignement à monsieur qu'il a un cancer.
Allez, 22 euros, ça va faire de la vie sauvée, comme ils disent : la vie de gaymard par exemple.
J'ai fait une bonne action